Comment préserver 1650ha de bocage et de terres agricoles ? Quelle serait l’alternative au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, symbole des grands projets inutiles et imposés ?
Comment se positionner en tant qu’architecte dans le contexte de la transition écologique et de lutte contre l’expansion urbaine ?

Pour les associations opposées au projet de Notre-Dame-des-Landes, la rénovation et le développement de l’aéroport existant à Nantes est la seule issue possible.
En s’impliquant avec l’une d’elle, le CéDpa, collectif d’élu(e)s qui doutent de la pertinence du projet d’aéroport, nous avons présenté une étude alternative qui démontre la faisabilité de ce développement. L’optimisation et l’agrandissement de l’aéroport existant est possible aux horizons 2030 et 2050. Le projet serait réalisable dans l’emprise foncière actuelle et pour un coût deux fois moins important que le projet décrié de Notre-Dame-des-Landes.
Cette contre-étude a été rendue publique le 25 juin 2014, bouleversant les hypothèses et les justifications de la création du nouvel aéroport.
Aujourd’hui le métier d’architecte et sa démarche holistique sont peut-être devenus plus utiles pour la recherche d’alternatives crédibles, concrètes que pour la production inconditionnelle de bâti et l’obsession de croissance. En exerçant un regard critique sur l’occident industriel, surproducteur et sur-consommateur, la recherche d’une alternative permet un éclairage du débat public et sensibilise aux valeurs de modération, d’économie et de sobriété.
Chaque année en France, 60 000 ha de terres agricoles sont urbanisées. Faire avec l’existant et réduire les besoins vont sans doute devenir les problématiques majeures de la conception architecturale au XXIe siècle. Considérer et réfléchir à l’aménagement, la rénovation et l’optimisation de l’actuel aéroport Nantes Atlantique s’inscrit dans cette démarche architecturale frugale. Ce projet s’appuie sur des solutions constructives sobres et économiques ; il s’agit de consommer plus de matière grise pour préserver les matières premières, l’eau et l’énergie. Les solutions d’aménagements et d’extensions proposées aspirent à faire plus en utilisant moins de ressources, en optimisant les équipements, les bâtiments, les matériaux déjà en place, les espaces et les moyens disponibles, les matériaux recyclés, les éléments réutilisés, en générant le minimum de pertes. La mesure juste de chaque composant du projet doit prévaloir.

Suite a cette étude est né l’atelier citoyen, une structure associative indépendante et non politique, de dialogue, d’idées et d’expertises citoyennes.