Réaménagement du restaurant de l’immeuble de la CFDT rue Simon Bolivar. Travail sur l’acoustique, sur l’ambiance populaire des cantines et sur le rapport à l’extérieur.

Cette cantine conviviale pour la CFDT est dessinée en continuité du lieu et de l’architecture existante.

Le projet cherche à renouer avec l’esprit du syndicat : le moment de partage, de détente et de jovialité de l’heure du déjeuner. Lorsque les tables se forment au petit bonheur, organisation spontanée et éphémère qui tisse des rencontres complices, des animosités ou des atomes crochus, on rit, on se chamaille. La cantine est une ruche qui bourdonne dans l’appel unanime des ventres, la salle se gonfle du concert des voix et du tintement des couverts. La lumière y entre généreusement, encore vibrante de son passage à travers le feuillage des arbres du jardin ; elle rend plus éclatantes les tables qui se libèrent, mosaïque de couleurs claires, fraîches vert tendre, anisé ou profond, matières brutes et patinées, sans âge. Il flotte dans la salle l’esprit organisé quoique lâche et défait d’un jardin ouvrier.

Des bosquets se forment entre les îlots de tables, quelques jeunes pousses s’en échappent, filtres végétaux à rires et à regards. On y dépose son manteau, son sac, un journal, on s’y croise à la recherche d’un peu plus de sel, on s’interpelle autour de la fontaine.

Le dernier café est servi, reste le ballet anarchique des plateaux consommés, on salue le cuisinier qui prend sa pause sur la terrasse, en sifflotant le temps des cerises.