Une grange japonaise en Corrèze. Projet d’aménagement bioclimatique dans une grange corrézienne dans l’esprit japonais brut, nébuleux, essentiel du Wabi-Sabi.

La grange de Chapdevialle est imprégnée d’un univers champêtre, de la vie des paysans corréziens, de la mémoire, des traces des bêtes, des récoltes et des hommes rassemblés sous son imposante toiture. Elle symbolise à la fois le travail et le rassemblement, l’unité, les fêtes, les grandes réunions familiales d’antan.
Ancrée sur le flanc d’une colline, elle se blottit dans un écrin vallonné à la rencontre du Limousin et le Périgord. Dominant un océan de verdure, elle se perd dans des rêves d’orient. Sa toiture monumentale, flottante presque entre ciel et terre n’est pas sans évoquer celle des temples bouddhistes du japon.
Si elle veut devenir un temple ou un pavillon de thé, elle ne cherche pas à se travestir. Sa perception de l’orient n’est pas un déguisement mais un dépouillement, elle est sans prétention, sans sophistication, à la recherche de l’essentiel.
Ses vieux murs ont affrontés de nombreuses tempêtes, la charpente du grenier a porté d’abondantes récoltes, sa toiture a protégé plusieurs générations de bétails. Aussi, comme toute vielle bâtisse, elle ne présente plus que le minimum et exprime la beauté des choses imparfaites, impermanentes et incomplètes. Comme un bol en terre japonais débarrassé de tout superflu, l’habitat retrouve une intensité spirituelle, une manifestation minimale de sa beauté intime, intrinsèque, silencieuse et apte à procurer une forme de paix intérieure à ses visiteurs.

Habitat minimal, essentiel, jeu de parois mobiles changeant en fonction des saisons: les plateaux ouverts sur le paysage en été se referment à l’approche de hiver en abris enveloppant, confortable et bien isolé. Réinterprétation des shoji japonais, les parois modulables s’ouvrent, se dématérialisent, se fragmentent à nouveau dès les beaux jours du printemps.
En hiver, on ajoute un vêtement, l’espace préserve la chaleur, la vie se concentre sur un foyer, économe en énergie.
En été, l’espace se dilate, s’étend, la limite entre intérieur et extérieur disparaît.